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Société

Pénuries de médicaments : pourquoi certains traitements manquent en pharmacie

Des boîtes de médicaments rangées sur une étagère de pharmacie où quelques emplacements sont vides.

Un médicament indisponible en pharmacie ne signifie pas toujours qu’il a disparu du marché. Il peut s’agir d’une difficulté temporaire d’approvisionnement, parfois limitée à un dosage ou à une présentation. En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) suit les ruptures et les risques de rupture signalés par les industriels. Ces situations résultent souvent d’une combinaison de facteurs, depuis un problème de fabrication jusqu’à une hausse soudaine de la demande.

La production d’un médicament repose sur une chaîne d’approvisionnement qui peut être longue. Le principe actif, c’est-à-dire la substance qui produit l’effet thérapeutique, est parfois fabriqué dans un autre pays que le médicament fini. Les emballages et certains composants proviennent eux aussi de fournisseurs distincts. Une panne, un défaut de qualité ou un retard sur un seul maillon peut donc ralentir la mise à disposition de l’ensemble d’un traitement. Les contrôles nécessaires avant la commercialisation peuvent également prolonger le délai de retour à la normale.

La fabrication d’un médicament peut dépendre de plusieurs sites et fournisseurs, parfois situés dans des pays différents. Lorsque la production est concentrée chez un petit nombre d’acteurs, un incident dans une usine peut avoir des répercussions au-delà du marché local. Les fabricants ne peuvent pas toujours augmenter rapidement leurs volumes : produire davantage nécessite des matières premières, des capacités disponibles et de nouveaux contrôles de qualité. Pour certains médicaments, notamment ceux dont la conservation ou la fabrication est complexe, constituer des stocks importants n’est pas une solution simple. Cette organisation rend la chaîne vulnérable, même lorsque la demande habituelle reste couverte.

Des cartons de médicaments circulent dans un espace de production pharmaceutique.
La production peut mobiliser plusieurs sites et fournisseurs.

La demande joue également un rôle. Une épidémie saisonnière, une évolution des prescriptions ou une hausse des besoins dans plusieurs pays peuvent épuiser plus vite les stocks disponibles. Les tensions concernent parfois des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur, une catégorie qui désigne des traitements pour lesquels une interruption peut présenter un risque important pour les patients. Les autorités sanitaires demandent aux laboratoires de signaler certaines difficultés prévisibles et peuvent coordonner des mesures pour limiter leurs conséquences. Cela ne garantit toutefois pas qu’un produit de remplacement soit immédiatement disponible dans toutes les pharmacies.

Lorsqu’un traitement manque, le pharmacien peut vérifier s’il existe une autre présentation ou une alternative adaptée, en lien avec les règles applicables et, si nécessaire, avec le médecin. Un médicament ayant le même principe actif n’est pas automatiquement interchangeable dans toutes les situations : la forme, le dosage et l’état de santé du patient comptent aussi. Il est donc préférable de demander conseil plutôt que de modifier ou d’interrompre soi-même son traitement. Une rupture peut être limitée dans le temps ou concerner une référence précise ; les informations de l’ANSM et des professionnels de santé permettent d’en suivre l’évolution selon les éléments disponibles.